Blog de Tuur Elzinga, Président de la commission des Affaires européennes du Sénat

À partir du 1er janvier prochain, les Pays-Bas assureront à nouveau la présidence de l’UE pour la première fois depuis 2004. Ou plus précisément : la présidence du Conseil de l’Union européenne. Mais les conseils des ministres ne sont pas les seuls à être dirigés par une présidence tournante ; c’est aussi le cas des différentes conférences interparlementaires. C’est ainsi que la présidence connaît également une dimension parlementaire. Les deux chambres du parlement néerlandais y jouent un rôle de président.

Que pouvons-nous en attendre ? Quelle est réellement l’importance du rôle de président ? Et quelle est notre ambition ? Ces bonnes questions impliquent une réponse simple. En tant que président, vous influez principalement sur l’agenda des conférences et sur la procédure, mais déjà moins sur le contenu à l’ordre du jour d’une telle conférence, et encore moins sur l’orientation du débat. En définitive, le débat est mené par les représentants de tous les parlements présents et possède sa dynamique propre.

L’agenda lui-même sera en partie déterminé par des facteurs externes. Il serait difficile de ne pas aborder aujourd’hui la crise des réfugiés. Ou les conséquences des attaques terroristes sur notre sécurité et sur notre État de droit. Lors de la précédente présidence néerlandaise, le Traité établissant une constitution pour l’Europe a été signé à Rome. Mais au cours de cette présidence également, le parlement néerlandais a décidé que ce traité devait être soumis à un référendum aux Pays-Bas. Avec l’impact nécessaire. Aujourd’hui encore, les référendums auront à nouveau un impact. Notre propre référendum sur l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine sera suivi avec une grande attention. Et un référendum britannique sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE a également le potentiel d’éclipser tout autre débat.

En ce qui concerne le processus, nous essaierons d’augmenter l’interaction comme un fil rouge pour les différentes conférences interparlementaires. Moins de longues présentations de fond, plus de discussions. Moins de monologues, plus d’échanges. Plus apprendre les uns des autres et faire la connaissance d’autres parlementaires. Afin que nous sachions ensuite nous retrouver. Parce qu’au fur et à mesure que l’intégration européenne progresse et que toujours plus de politiques (communes) sont décidées à Bruxelles, le pouvoir des parlements nationaux augmente en fonction de leur capacité et de leur volonté de collaborer avec d’autres parlements nationaux.

Et je me réjouis de cette collaboration, surtout sous notre présidence néerlandaise !

Tuur Elzinga
Président de la commission des Affaires européennes du Sénat, et membre du comité de pilotage de la présidence de l’Union européenne

Tuur Elzinga

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